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Passion for fear

Passion for fear est une recherche en cours, pensée comme la seconde partie d’un diptyque qui ferait suite au spectacle Hello world . Cette deuxième partie se construit autour de ma sensation de futur perdu ou d’impossibilité de perspectives dans cette société capitaliste, dans laquelle la technologie deviendrait le principal vecteur de création de nouvelles réalités.

Je suis née 9 ans avant la chute du World Trade Center en 2001, évènement qui marque le début d’une diffusion à grande échelle d’idées complotistes notamment par la démocratisation d’internet. Ma jeunesse, je l’ai vécu dans une société́ construite autour de la crainte de nouvelles attaques terroristes, surplombée par le retour également à grande échelle en Europe, d’idées fascistes et complotistes, qui ont servi à structurer une politique de gouvernance autour de la peur.

Moi, je passais beaucoup de temps à jouer aux jeux vidéo, à rejoindre et me fabriquer des communautés d’internautes sur des forums, mais aussi à consulter des site comme Rotten [1] ou regarder des vidéos d’ultra-violence. J’avais peur du monde dans lequel je vivais, une peur parfois irrationnelle mais excitante.

Internet est devenu un des nombreux outil où les passionné·es de la peur, celles et ceux qui la fabrique, se rejoignent. Alimenter cette peur, les conduits à penser qu’il y a un autre monde, celui qu’on nous cacherait. Et pour rendre visible leur « réalité », iels proposent un imaginaire extrêmement bien mis en scène avec des montages photos, vidéos, mettant en exergue une "face cachée de la réalité́", massivement partagé sur les réseaux sociaux.

Vingt ans après l’attaque du World Trade Center, je me suis mis à suivre des fils de discussion Télégram antivax à tendances fascistes, comme la rose blanche, et me rendre à des manifestations antivax et anti-pass sanitaires, organisées par des partis d’extrême droite. J’ai commencé à filmer les discours, observer les méthodes d’organisation et dialoguer avec les participant·es.

Autour de quoi est construite cette peur qu’iels véhiculent ?
Comment traiter d’un sujet d’actualité sans promouvoir leur récits ?
De quoi ces besoins d’exprimer et partager une peur sont-ils les symptômes ?

Pour comprendre la fabrication de ces récits, la recherche s’appuie sur une consultation d’anciens sites internet en HTML jusqu’à des jeux vidéos en open-world [2], de la communauté des shift [3], du Glitch art [4]. La recherche va porter sur les liens entre complotisme, internet, jeux video, shifting, les metavers, la violence et la peur, pour comprendre les liens qui les unit.

Cependant toutes ses possibilités d’ailleurs et de récits sont pour moi facteurs d’un même symptôme : ce besoin d’histoire est révélateur d’une volonté́ d’échapper au récit écrit pour nous, structuré autour de la politique de la peur nous conduisant à envisager un futur sans perspectives positives, induit par le schéma narratif du système capitaliste. Que disent ces nouvelles histoires, ces récits et ces fantasmes, de notre rapport à la réalité́, notre place dans la société, notre besoin d’un ailleurs ? comment la peur est vecteur de création de récit.

Avec cette recherche j’essaie de partir du principe qu’il s’agit d’un problème systémique et non individuel, qui ne stigmatiserait personne.

Création : Maxime Arnould
Production : Entropie Production
Avec le soutien de wpZimmer (Anvers), Point Éphémère (Paris).


[1 Rotten.com était un site web choc créé en 1997. Il diffuse du contenu choquant comme des images d’actes de violence, de suicides, de malformations ou des photographies d’autopsie. Le site a été fermé en octobre 2017.

[2Jeu en monde ouvert * Concrètement, c’est un jeu dans lequel il n’y a plus de limite dans l’espace ou les actions. On peut tout escalader, cueillir des fruits, chasser, tuer, voler, dormir, se perdre etc...

[3C’est une tendance diffusé sur Tiktok qui consiste à « shifter » de réalité pour se projeter dans une « réalité désirée », dont le scénario est écrit par les shifteur·euses. Cela s’apparente à de la méditation ou forme d’autohypnose.

[4Le glitch art est l’esthétisation d’erreurs analogiques ou numériques, comme des artéfacts ou des bugs, par corruption de code ou de données ou manipulations d’appareils électroniques.

Contact

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En résidence administrative au Théâtre Varia
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